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Emmanuel Aquin
L’HYMNE À L’HYMEN
(Les aventures de Pierre Duremanche)
Un livre dont vous êtes l’éros - extrait © LES ÉDITIONS POINT DE FUITE
www.pointdefuite.com
Bienvenue dans ce roman dont vous êtes le héros. Les règles sont simples : il n’y en a pas. Vous n’avez qu’à lire le texte, suivre les instructions et choisir parmi les options qui vous seront suggérées. Quand on vous donnera le numéro d’une section (" sexion " 69 , par exemple), poursuivez la lecture de votre texte à partir de cet endroit. Pas besoin de crayon, de dés ou autres outils; juste vous et votre imagination. Et ne trichez pas!
L’auteur tient à préciser que tous les personnages féminins de ce livre sont légalement en âge d’avoir des rapports charnels. Aucune mineure n’a pris part aux activités sexuelles dépeintes dans le texte qui suit, même si quelques allusions ou plaisanteries semblent indiquer le contraire. Évidemment, il est toujours possible que certains de ces personnages aient falsifié leur carte d’identité.
Vous êtes Pierre Duremanche, agent spécial des Services très secrets. Votre travail est simple : faire le sale travail du gouvernement. Quand il s’agit de séduction ou de fornication, vous êtes l’homme de la situation. Bien sûr, vous êtes élégant, raffiné et charismatique. Vous n’aimez que les bonnes choses, le caviar, le champagne, les beaux costumes et le fromage qui sent mauvais. Vous avez de la classe , comme disent ceux qui n’en n’ont pas. Plusieurs de vos collègues sont jaloux de vous et avec raison : grâce à la chirurgie plastique, vous avez bénéficié de toutes les modifications nécessaires pour votre dur travail, de vos doigts longs et agiles à votre langue musclée, en passant par des fesses de béton et une souplesse hors de l’ordinaire. Ces améliorations, s’ajoutant à vos talents naturels, font de vous le parfait homo erectus. En plus de tout ça, évidemment, il faut parler de votre arme secrète, votre sous-marin nucléaire, votre gourdin dégourdi, votre saucisse très ossée, bref, votre superzizi. Surnommé " Gros Pierre " pour des raisons évidentes, ce canon de chair vous ouvre la porte de toutes les chambres de vos adversaires. Au travail comme dans les loisirs, Gros Pierre, grâce à ses conseils éclairés et finalement assez intelligents, est le meilleur ami que vous puissiez avoir. Vous avez reçu votre formation à l’Académie de Sainte-Touche, surnommée l’Académie du sexe. Avec ses cours spécialisés et ses nombreux examens pratiques, cette vénérable institution a su vous transformer en un amant éclairé, au fait de toutes les techniques variées de cette très vieille science qu’est la baise. Voilà pourquoi les Services très secrets comptent sur vous quand vient le temps d’user de ruse plutôt que de force. Dorénavant, lorsqu’une espionne se penche pour fouiller dans les tiroirs du gouvernement, ou qu’une diplomate étrangère oublie de croiser les jambes, l’État peut compter sur Pierre Duremanche pour régler la situation. C’est ainsi que débute notre aventure. Vous avez été appelé par le ministre de l’Intérieur pour une autre dangereuse mission. Une fois de plus, le sort du pays est entre vos jambes... Continuez à la sexion 1. 1 Tapissé de cuir rouge et de bibelots de mauvais goût, le bureau démesuré du ministre souligne la petitesse de ce dernier, perdu dans les replis de son fauteuil, assis derrière un pupitre massif et kitsch. Vous ne connaissez que trop bien son expression paniquée : sueurs dans le cou, moustaches tremblantes, narines agitées. Votre supérieur vous incite d’une main moite à prendre place devant lui. — M. Duremanche, toujours un honneur! fait-il en tentant de dissimuler l’angoisse qui l’assaille. — Je sais, répondez-vous simplement. Il vous tend une enveloppe cachetée. — Connaissez-vous cet homme? demande-t-il en suant un peu plus. Avec la lenteur d’un professionnel, vous déchirez méticuleusement le sceau officiel, la langue sortie, toujours un peu embarrassé par cette colle pas possible qu’on utilise pour sceller les documents secrets. Deux minutes plus tard, après un silence maladroit, vous finissez par gagner votre combat contre le papier récalcitrant. Vous ouvrez l’enveloppe et en extrayez la photo d’un individu que vous n’avez jamais vu de votre vie. Votre patron pousse un soupir. — Vous reconnaissez Raoul? commente-t-il, toujours aussi humide. — Évidemment! Pour qui me prenez-vous? rétorquez-vous avec assurance. — Ce sinistre individu est le chef des Raouliens, comme vous le savez. Cette secte croit en la venue prochaine des extra-terrestres. Selon Raoul, les Pnites (de la planète Pno) sont une race supérieure qui a créé les Humains en laboratoire grâce à une recette secrète. Ces satanés Pnites sont très lubriques, à cause du climat tropical de leur planète. Raoul prétend qu’ils vont revenir sur Terre pour décider si leur recette a réussi ou non. Ils vont " tester " quelques spécimens avec leurs petites bites vertes et les performances des heureux élus décideront de l’avenir de l’humanité. Si les Pnites sont satisfaits, ils déclareront la Terre " Zone Privilégiée " et viendront y passer leurs vacances pour organiser des orgies. — Et s’ils ne sont pas contents? demandez-vous, un peu inquiet. — Ils détruiront la planète et pisseront dans les débris. Ils sont très susceptibles, apparemment. — C’est terrible! — M. Duremanche, les Pnites n’existent pas! Ces paroles vous rassurent. — Bien sûr, M. le Ministre. Je me mettais dans la peau de ces pauvres idiots de Raouliens. Mais pourquoi avez-vous besoin de moi? — J’y arrive, Duremanche. Donc, Raoul prépare ses fidèles en arrangeant des orgies dégradantes. Il prétend que les Pnites sélectionneront des Raouliens pour tester l’humanité, et que donc, ses sujets doivent être bien versés dans l’art de l’amour. Il " initie " ses nouveaux membres en les baisant lui-même. Il affirme que son sexe est magique, comme vous pouvez l’imaginer. Ce brigand affectionne particulièrement les jeunes femmes vierges... — C’est normal, commentez-vous d’un ton professionnel. — La raison pour laquelle je vous ai fait venir à mon bureau est simple, agent Duremanche : ma fille Manon s’est jointe aux Raouliens! — Diantre! Quelle cruche! — Eh! C’est mon bébé que vous insultez! s’offusque votre patron. La pauvre est un peu influençable, je l’avoue. Elle va avoir dix-huit ans dans trois jours, ma petite chérie, et elle est encore vierge, alors imaginez... Vous souriez intérieurement. Peut-être qu’il la croit pure, sa pouliche, mais quant à vous, vous doutez fort de son innocence. Toutes les jeunes filles ne pensent qu’au sexe, c’est bien connu. — Mais qu’est-ce que ça peut bien faire, que votre souris se fasse trombiner par Raoul? Il faut bien qu’elle se fasse débouchonner un jour, non? Et s’il a un pieu magique, le gars, elle risque d’aimer ça! — M. Duremanche, je vous en prie! Ma petite Manon doit rester vierge jusqu’à son dix-huitième anniversaire! C’est une tradition familiale, chez nous, et il en va de son héritage! Vous haussez un sourcil, un peu sceptique devant ce mélodrame. En quoi l’héritage du ministre peut-il bien concerner un homme comme vous, le meilleur des agents spéciaux? C’est le ministre lui-même qui a la réponse : — Si vous ramenez ma petite Manon intacte , je vous donne la moitié de son héritage. Et en plus, j’ajoute au magot une promotion au rang de général! Vous deviendrez l’agent spécial le plus haut gradé de nos services, avec un plan de pension du tonnerre pour vos vieux jours. — Et si je refuse? lancez-vous à tout hasard, parce que vous n’avez pas l’intention de devenir vieux et de recevoir une pension. — Je vous renvoie de nos services avec une mention défavorable et je vous traîne en cour martiale pour l’incident des " dessous de la présidente "! Votre visage reste de marbre mais votre cœur rate un battement. Zut, vous espériez que tout le monde avait oublié cet incident malheureux. Si ça se savait, vous deviendriez la risée des Services très secrets et votre réputation dans le monde de l’espionnage en souffrirait terriblement. — Monsieur, vous me faites du chantage, or les menaces, c’est bien connu, n’ont aucun effet sur moi. Cela dit, je choisis d’accepter cette mission parce que je crois qu’il est important de préserver les traditions familiales et le peu d’hymens intacts qu’il reste dans le monde. — À la bonne heure, Duremanche! Faites entrer cul! — Pardon? — Faites entrer cul! — Je ne comprends pas, Monsieur. Un homme dans la cinquantaine fait son entrée. Il porte un attaché-case. Vous reconnaissez " Q ", le spécialiste des gadgets du département, nommé ainsi en l’honneur de Quasimodo, à cause de sa bosse et de son gros bouton au-dessus de la lèvre. Q pose sa mallette sur le pupitre du ministre et l’ouvre délicatement. Il en extrait plusieurs objets top secrets : — Agent Duremanche, fait le timide mais sympathique bossu, voici quelques outils qui vous aideront à accomplir votre mission. Premièrement, notre fameux condom réutilisable... Q vous montre un préservatif d’apparence anodine mais équipé d’un dispositif autonettoyant pour les missions en territoire ennemi, loin des pharmacies. " Ensuite, il y a le classique godemiché pliable en peau d’alligator... " Vous admirez en souriant cet outil apprécié de tous et toutes. " Et, bien sûr, il y a les pilules de convinquine, cette drogue qui rend un sujet susceptible à n’importe quelle requête. Chaque pilule est bonne pour une demande, je vous en donne dix. " Satisfait, vous lorgnez le précieux petit pot de pilules, que plusieurs de vos confrères utilisent pour convaincre leurs conjointes d’être sodomisées. Un homme comme vous n’a besoin d’aucune aide chimique pour ce faire, mais cette drogue pourra s’avérer très utile dans l’aventure qui vous attend. " Pour terminer, laissez-moi vous présenter notre toute nouvelle invention : la valise-surprise! " Q place votre équipement secret dans son attaché-case. Il sourit, fier de lui : " Cette mallette est équipée d’un système de défense antivol. Chaque fois que vous l’ouvrez, vous devez entrer un code secret. Si vous faites une erreur, paf!, la valise explose. " Le ministre intervient : — C’est ma femme qui a trouvé le nom de valise-surprise . C’est un bon jeu de mots, hein? Q l’ignore, concentré qu’il est sur son travail. Il referme les deux petites serrures et vous fait un clin d’œil : — Regardez-moi bien, maintenant. J’entre le code secret, comme ça, sans me tromper, et ensuite, j’ouvre... La valise-surprise explose au nez de Q. Le pupitre du ministre est soufflé de tous ses bibelots affreux. Q s’écrase dans une bibliothèque et le ministre tombe à la renverse dans son gros fauteuil. Grâce à vos excellents réflexes, vous évitez la déflagration en prenant votre envol et en retombant tête la première sur une table. L’alarme d’incendie est déclenchée et les arrosoirs du plafond inondent la pièce tandis vous vous relevez péniblement. À vos pieds gît le condom réutilisable, qui a miraculeusement survécu à l’explosion. Vous le mettez dans votre poche. Q gémit dans son coin : il aura une bosse de plus, celui-là. Le ministre, tout échevelé, se relève en lissant ses moustaches et en époussetant son beau complet démodé : — Duremanche, il faut vous rendre le plus vite possible chez les Raouliens. Tant pis pour vos gadgets, vous devrez vous en passer. Ce n’est pas grave, je vous crois assez compétent pour réussir sans l’aide de rien ni de personne. Bonne chance! Et n’oubliez pas, je veux que vous me rameniez un hymen INTACT. Et le reste de ma fille, aussi... Vous le saluez, détrempé, et quittez le bureau, bien déterminé à sauver la petite sotte des griffes du méchant Raoul. Vous montez dans l’autobus avec votre habituel sourire de satisfaction. En faisant un clin d’œil au chauffeur, vous prenez place à l’avant, dans les places réservées aux petits vieux. Quelque chose ne tourne pas rond. Le véhicule avance lentement dans la circulation. Vous iriez plus vite à pieds. Vous vous dites, pour la énième fois, qu’il vous faudrait vraiment passer votre permis de conduire. Un agent secret qui sait conduire, ça impressionne les femmes. Et c’est drôlement pratique, une voiture. Une rouquine avec des jeans qui semblent être peints sur sa peau vous remet les pieds sur terre. Prisonnier de votre autobus, vous vous contentez de souffler un halo de buée dans la vitre, fasciné par cette piétonne toute en jambes et en fesses. Elle se dandine avec une telle arrogance qu’il est clair que cette femme est une bête de sexe. Pas comme cette abrutie de vierge de Manon, qui a tout à apprendre de la vie. C’est alors que vous mettez le doigt sur ce quelque chose qui ne tournait pas rond : vous avez oublié de demander une description de Manon! Est-elle petite, grande, grosse, moche, blonde ou brune? Argh! Déçu de ce faux départ, vous descendez de l’autobus et retournez au bureau du ministre, toujours arrosé par le système anti-feu. — Duremanche! fait l’homme mouillé. Ne me dites pas que vous avez déjà réussi votre mission! Ça alors! Mon admiration pour vous vient de doubler! Et ce n’est pas peu dire! D’ailleurs, je... — Euh... Il me faudrait une photo de votre grenouille, Monsieur, demandez-vous timidement. — Ah bien zut! J’ai oublié de vous la donner! Ce genre d’oubli nous fait tous mal paraître, Duremanche. Cela reste entre nous, n’est-ce pas? Il en va de notre réputation et de la vôtre! Dans un coin, Q se lamente comme un petit enfant. Quelle mauviette! Vous l’aidez quand même à extraire le coupe-papier qui s’est planté dans son aisselle. Le ministre ouvre son portefeuille et vous tend une paire de photos détrempées. La première est un portrait de Manon à six mois. Elle a les yeux fermés. — Je m’excuse, c’est le seul portrait de ma fille que je possède. Je la trouve tellement mignonne là-dessus! Vous avez vu comme elle me ressemble? — On dirait qu’elle a fait dans sa couche. — Mais non, voyons! Elle dort! Elle a l’air d’un ange tombé du ciel! La seconde photo est plus intéressante. C’est le gros plan d’une vulve, bien ouverte. Du genre très sympa, un peu timide mais bien humide. — Celle-là, agent Duremanche, vous aidera à retrouver ma petite pucelle. Elle a été prise par son gynécologue, l’hiver dernier. Comme vous pouvez le remarquer, ma fille a quelque chose de très particulier : un grain de beauté sur le clitoris. En vous étirant les yeux, vous pouvez effectivement distinguer le petit point à flanc de montagne. Le ministre intervient sur la défensive : — Évidemment, vous allez trouver qu’un gynéco qui prend des photos, ça fait un peu louche. C’est vrai. Mais c’est pour prouver que son hymen est toujours intact. Vous comprenez? C’est tellement important pour ma femme et moi... De fait, sous la petite perle de Manon, dans le ravin inexploré, une petite porte rose bloque l’accès à la caverne magique. Votre cœur s’émeut devant la beauté de la chose. Ah, que la Nature est bien faite! Quelle bonne idée, ce délicieux petit rideau. Que de plaisir à percer ce voile mystérieux, à être le premier à fouler le sentier de la gloire, à plonger avant les autres dans cet étui velouté. Votre patron surprend votre expression gourmande et fronce les sourcils. Vous vous ressaisissez et empochez les deux photos. — Je suis maintenant prêt à partir en mission, Monsieur! — Bonne route, Duremanche! Et ne revenez pas avant d’avoir réussi! L’autobus s’arrête devant les quartiers généraux du Mouvement Raoulien, en banlieue. Vous vous levez en contournant la petite vieille qui n’a pas cessé de vous demander votre place. Vous sortez dehors, en pleine forme, excité à l’idée de commencer une autre de vos fameuses aventures. Dans votre for intérieur, vous vous promettez qu’une fois Manon sauvée et l’héritage empoché, vous prendrez peut-être une retraite bien méritée, histoire de terminer en beauté votre carrière stellaire. Il n’y a rien comme l’appât d’une retraite pour vous motiver dans votre métier. Après tout, vous ne rajeunissez pas. Peut-être même que vous vous taperez la petite Manon une fois la mission accomplie. C’est bien, une jeune vierge. C’est un peu serré, Gros Pierre adore ça. Bon, trêve de rêveries romantiques, votre boulot vous attend. Déguisé en homme normal, vous sonnez à la porte. Continuez à la sexion 2 . 2
Le bâtiment des Raouliens ne paie pas de mine. On dirait les bureaux de n’importe quelle secte insignifiante. Une pancarte en vitrine vante les mérites de la bite magique de Raoul. Pauvres incultes! Ils n’ont encore rien vu! Une jeune demoiselle vient vous ouvrir. Bien roulée dans ses vêtements trop serrés, elle arbore fièrement entre ses petits seins le médaillon des Raouliens, sorte de mamelon métallique sur lequel est inscrit " Bienvenue aux Pnites ". Les longs cheveux blonds et lisses de la jouvencelle lui donnent un air un peu hippie, vous vous sentez envahi par un sentiment de peace and love . Elle sourit de toutes ses dents : — Bonjour, étranger. Je suis Dinette. Comment les Raouliens peuvent-ils vous aider aujourd’hui? Vous avez pour mission de vous infiltrer dans cette secte maléfique, alors vous jouez le jeu avec finesse : — Salut! Je m’appelle... euh... Roch Grandpieu. Je veux absolument faire partie de votre secte de Rouliens, c’est ce que je souhaite le plus au monde. Déjà petit, je voulais devenir un Pénite de la planète Péno! Ah oui! Être Ralien, c’est le rêve de ma vie! — Raoulien . — C’est ça! Sacré Pinites! J’ai bien hâte de les voir! D’ailleurs, j’aimerais avoir un médaillon comme le vôtre, chère Midinette. Où dois-je signer? Combien ça coûte? La petite Dinette est troublée par votre sincérité. Tout excitée à l’idée de convertir quelqu’un à sa cause, elle trotte derrière son comptoir pour en extraire divers prospectus de propagande. D’une démarche discrète, vous faites le tour de la pièce d’accueil, jetant un coup d’œil autour de vous pour détecter la présence de caméras. À votre grand soulagement, il n’y en a aucune. Pour le moment, tout se déroule comme sur des roulettes. Vous sentez l’odeur de la victoire, et nous n’en sommes qu’à la sexion 2! Dinette prend place à vos côtés, armée d’une plume et d’un grand formulaire plein de petites cases. — Avant de devenir Raoulien, il faut passer un test psychologique. Nous n’acceptons pas n’importe qui, vous savez. — Je le sais, faites-vous en admirant les deux petits nénés qui se baladent librement dans son décolleté. La jeune fille fait danser son stylo autour de sa bouche. Elle le fait glisser lentement sur ses dents, puis le dépose sur sa langue comme un trésor précieux, et referme ensuite ses lèvres sur l’heureux objet. Vous la fixez attentivement, obnubilé par cet amour oral de la plume. Elle sourit, gênée : — Je m’excuse, ce n’est pas poli de mordre son stylo. C’est plus fort que moi, j’adore avoir quelque chose dans la bouche! Vous transpirez un peu mais faites comme si de rien n’était. Dinette se redresse et votre regard tombe sur son médaillon tandis qu’elle vous pose la première question : — Avez-vous déjà attrapé une maladie transmise sexuellement? Que répondez-vous? " Oui, j’ai déjà eu un chancre mou, mais il y a longtemps. Aux dernières nouvelles, je n’étais plus contagieux. " (allez à 12 ) " Non, mais j’aimerais bien essayer. " (allez à 24 ) " Allons donc, je suis vierge! " (allez à 16 ) " Si je réponds que vous venez de me transmettre une érection, est-ce que ça compte? " (allez à 10 )
3 Vous prenez une grande respiration avant de vous lancer dans votre tirade : — Écoutez-moi, bande d’abrutis! C’est bien beau d’être à poil et de baiser tout ce qui bouge, ce n’est tout de même pas une excuse pour croire aux extraterrestres! Ce Raoul est un imposteur! Il vous fait avaler n’importe quoi! Il vous a même dit qu’il avait une bite magique, mais l’avez-vous bien regardée? Elle n’a pas dix centimètres! J’en avais une plus longue quand je suis né! Alors lâchez ce culte ridicule, et commencez à croire en quelque chose de vrai, comme l’argent ou la télévision! — Mais si on croit en quelque chose d’autre, qui sera notre leader? demande avec pertinence un garde en agitant son godemiché pour appuyer sa question. — Moi, bien sûr! répondez-vous courageusement. Je vous guiderai vers un monde meilleur, où les sentiments ne sont jamais une entrave à une bonne baise! Où les gars peuvent être simples et fiers de l’être! Un monde où il n’y a pas de pétasses comme Uve Vavum, qui ne se rase même pas les aisselles! — C’est pas vrai!! s’indigne la Grande Prêtresse. Je les rase souvent! Je n’ai pas eu le temps ces dernières semaines, c’est tout! — Allez, les gars, laissez tomber vos godes et suivez-moi dans ma nouvelle secte. Oubliez les Pinites et les Truts et les Rouliens. Maintenant, nous sommes tous des... Pierres! — C’est vrai, ce qu’il dit, fait un garde au front un peu bas. — Ouais! Y a plein de vérités là-dedans, ajoute un autre au nez de boxeur. Comme un seul homme, les gardes déposent leurs zizis en latex et se convertissent à votre religion. Mais Uve Vavum s’empare du micro : — Ne l’écoutez pas, bande de mongols! Le premier qui devient un Pierre, je l’assomme! — Et j’assommerai le deuxième! s’exclame Chaussette, indignée. — Et moi, je m’occupe du troisième, fait Cuisse-madame, l’air méchant. — Ignorez-les, mes chers Pierres! lancez-vous dans un élan exalté de rhétorique. Ce ne sont que des femmes! Elles ne comprennent rien à nos goûts! Elles cherchent tout le temps à compliquer les choses! Elles essaient tout le temps de trouver des intentions cachées dans le moindre de nos gestes! Nous les Pierres, nous ne voulons plus vivre selon leurs règles trop compliquées! À bas les femmes! — Je crois que tu en mets un peu trop, Pierre! fait Pousse-pousse, agacée, la tête de Raoul toujours dans le creux de son bras. — Désolé, Merdule. Je m’emporte un peu. Oubliez ce que je viens de dire, les gars! Les femmes sont emmerdantes, mais on les aime quand même! Pendant votre envolée, Uve Vavum s’est emparée d’un godemiché. Elle l’agite devant les Raouliennes indignées : — Les filles! Ne vous laissez pas traiter comme des objets! Sus aux bites! Sus aux Pierres! Imitant la Grande Prêtresse, les nubiles nymphes nues s’emparent des pieux de plastique. Les hommes deviennent nerveux devant cette bande de pétards armés. — Vous allez voir comment on se sent quand on se retrouve de l’autre côté d’une grosse queue! hurle Uve, trop contente de régler ses comptes avec la gent masculine. Que faites-vous? Vous allez rejoindre Manon/Pousse-pousse. (allez à 7 ) Vous restez avec les autres Pierres pour lutter contre les Raouliennes féministes. (allez à 134 ) Vous quittez la salle avec la discrétion d’un voleur de poulets. (allez à 148 ) Vous courez vers Uve Vavum pour en finir avec cette casse-couilles. (allez à 135 ) 4 La nymphette est contente de votre réponse. Elle vous prend par la main : — Et maintenant, allons dans l’arrière-boutique. Nous y avons aménagé un lit, pour les visites surprises de Raoul, qui vient de temps en temps " tester " ses fidèles. — Oh chouette, un lit! Dans votre slip, Gros Pierre fait du culturisme. La blonde Dinette vous entraîne au fond de la salle jusqu’à une porte qui s’ouvre en douceur sur des charnières bien lubrifiées. Vous découvrez une petite pièce chaleureuse aux murs peints en violet, couleur officielle de la secte. Le portrait de Raoul, arborant un sourire vaniteux, orne les quatre murs; il est difficile de l’oublier, celui-là. Au centre, un petit lit moelleux, aux draps de satin vert pnite. Une vague odeur de semence plane dans ce baisodrome, vos pantalons se tendent un peu. Dinette vous guide d’une main habile sur le matelas. Elle s’y agenouille après avoir enlevé ses sandales. — Alors, M. Grandpieu, prêt à découvrir l’amour physique? Vous tentez de garder votre sérieux : — Oui oui, je veux découvrir votre physique! D’un geste lent et calculé, la chèvre retire son maillot et sa petite jupe. La secte ne semble pas croire aux sous-vêtements, ce qui dans le fond est aussi bien. Et tellement plus commode. La peau albâtre de Dinette est un chef-d’œuvre de délicatesse. Aucune courbe trop accentuée, son corps n’est que nuances subtiles : des bosses à peine perceptibles, des côtes que l’on ne devine qu’avec des jeux d’ombre, des mamelons si pâles qu’ils se mêlent à l’épiderme laiteux, et un pubis jaune serin, qui dissimule mal une boutonnière rose comme un petit cochonnet. La nymphe caresse son corps en vous fixant dans les yeux, curieuse de votre réaction. Votre sourire un peu trop large et votre érection démesurée vous trahissent. — M. Grandpieu! Baissez ce pantalon et laissez-moi admirer votre Pnite... euh, votre bite! — Appelez-moi Roch, Pinette. Et lui, vous pouvez l’appeler... Gros Pierre! Vous dégainez votre canon avec un geste théâtral. La blondinette s’exclame : — Grand Dieu, Roch! Quel grand pieu! Pourquoi appeler ce grand roc Gros Pierre? Gros Roch sied mieux à cette grande pierre! — Assez parlé, Minette! Il est temps de vivre une scène de sexe! — Oh, vous! Vous parlez comme un professionnel! Je vous croyais vierge! Cette blonde est drôlement perspicace. — J’ai... un peu exagéré. Quand j’ai dit " vierge ", je voulais dire que je n’avais pas baisé de la journée. J’espère ne pas trop vous décevoir... — Avec un boa de cette taille, je vous pardonnerais n’importe quoi, Roch! — À la bonne heure, Ninette! Et maintenant... ... sur le dos, coquine! Gros Pierre va te convertir à sa religion! (allez à 32 ) ... approche tes lèvres, bambine! Je vais te mettre un peu de plomb dans la cervelle! (allez à 34 ) ... écarte les pieds, gamine! Je vais souffler dans ton petit ballon! (allez à 36 )
5 La jeune blonde est émue par votre fragilité. Ce n’est pas pour rien que vous avez réussi avec la mention excellent votre cours de " Vulnérabilité et domination 203 ", à l’Académie. Dinette roucoule avec un petit air maternel : — Raoul nous enseigne que rien n’est plus précieux qu’une vierge, parce qu’elle n’a jamais eu de mauvaise expérience sexuelle et qu’elle sera donc très ouverte à notre enseignement. Voulez-vous que je vous apprenne l’amour, Monsieur Grandpieu? Que répondez-vous? " Oh oui, Madame l’institutrice! Montrez-moi, montrez-moi! " (allez à 4 ) " Vous allez trop vite, vous me bousculez! J’ai peur de ces émotions nouvelles. Ayez pitié, Tinette, et passez à la question suivante. " (allez à 19 ) " Vas-y, chienne! Fais-moi mal! " (allez à 22 ) 6 " Faites-vous partie des forces de l’ordre, d’un organisme gouvernemental ou de toute association dont le but est l’éradication des sectes? S’il vous plaît, répondez honnêtement. " Bonne question. Que dites-vous? " Ben zut! Je fais partie des Services très secrets! C’est grave? " (allez à 8 ) " Je serais tenté de répondre ‘oui’, juste pour voir ce que vous allez dire, mais bon, ça nous ferait perdre du temps, alors ce sera ‘non’ ". (allez à 9 ) " Euh, ça dépend. " (allez à 17 ) 7 — Tu sèmes la zizanie, Pierre! commente la fille du ministre. — Je sème avec mon zizi, petite. — Si tu n’étais pas mon idole, je t’aurais flanqué une gifle! s’indigne votre partenaire. Tu as un discours très macho! — Macho? Je me vois plutôt comme un homme rose. Si tu vois ce que je veux dire... Autour de vous, la mêlée fait rage entre les chattes à bites et les débiles châtrés. — Pierre, je crois qu’il vaut mieux quitter les lieux avant que la police n’arrive. — Tu crois? Avec tout ce monde à poil et ces godemichés à picots, je crois qu’il y a possibilité pour une sérieuse partouze! — Tu ne penses qu’à ça! soupire la nymphe aux seins fermes. Raoul s’agite dans les bras de Pousse-pousse. Il commence à devenir bleu. — Je l’oubliais, celui-là! faites-vous avec amusement. — Je le laisse aller? demande l’ex-Mergule. — Attends, j’ai une idée... Alors que la bataille atteint son comble entre les hommes sans défense et les femmes qui les défoncent, vous remontez votre toge officielle et contournez Manon. — Pierre! s’inquiète-t-elle. Ce n’est pas le moment! J’ai les mains pleines! Au contraire, le moment est idéal. Avec un sourire digne de Raoul lui-même, vous remontez la robe du leader laideron, mettant à nu ses petites fesses agitées. Vous enfilez votre condom réutilisable. — Tiens-toi bien, mon vieux. Avant de partir, je vais te montrer ce que c’est, une bite magique! D’un coup de butoir, vous envoyez Gros Pierre dans le postérieur du prisonnier, qui hurle à la lune. Tout en retenant Raoul, Pousse-pousse rigole : — Quel coquin tu fais, Pierre! Vous donnez quelques coups de plus, histoire d’élargir le cercle de votre ami, puis vous vous retirez. Manon le lâche à ce moment et il s’écroule sur le sol, en petite boule. — Maintenant, on y va, nana! Raoul lève les yeux avec un air pathétique : — Est-ce que je peux venir avec vous? Moi aussi, je veux devenir un Pierre! — Désolé, mon homme! ripostez-vous durement. Je te laisse avec tes disciples. Tu n’as qu’à fonder une autre secte! Vous quittez les lieux en évitant les divers coups de godemichés. Déjà, dans un coin, une des filles est en train d’enfoncer son arme dans les fesses d’un gars qui a le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Sacré Raouliens! Au moins, ils savent s’amuser! Pendant que vous ouvrez la porte de la sortie, vous remarquez, au milieu de la foule, Uve Vavum en train de se faire rembourrer le minou par Nombril-de-Vénus, la blonde aux airs de garçon qui manipule habilement son gode format géant. Vous éclatez de rire. La méchante vous remarque : — Qu’est-ce qu’il y a de drôle, Duremanche! Tu as perdu! Ta carrière est terminée, tu n’es plus rien! — Je ris parce que tu n’as pas changé, Vavum! Tu prétends être une gouine, tu cries à tout le monde que tu n’as pas besoin des hommes, mais tout ce que tu veux, c’est une bonne bite entre les cuisses! C’est plus fort que toi! — Salaud! hurle la Grande Prêtresse. Nombril-de-Vénus! Donne-moi ça! Uve s’empare du gourdin gluant, encore tout luisant d’avoir ramoné sa cheminée, et s’élance sur vous en bavant de rage. Surpris par cette attaque, vous vous figez, comme on vous l’a appris dans votre cours de survie. Manon ramasse un phallus par terre et vous le met dans la main : — Défends-toi, Pierre! Vous changez votre stratégie pacifique à l’instant où votre ennemie vous rejoint. Vous bloquez son attaque de justesse. Les armes de latex se heurtent en silence. Continuez à la sexion 147 . 8 D’un bond, la poule dorée se relève avec une expression outrée. — Monsieur, nous n’acceptons pas d’espions dans notre secte! C’est contre le règlement! — Mais pourquoi? — Parce que... parce que... je ne sais pas pourquoi! Mais Raoul n’aime pas les espions, et nous non plus, du même coup. Alors soyez gentil et quittez nos bureaux immédiatement! — Et la troisième question? Pendant une seconde, Dinette hésite, puis elle se ressaisit et vous montre la porte, que vous prenez, le regard bas. ... Bravo, vous avez échoué. Essayez d’être plus malin la prochaine fois. Faites honneur à votre pays! Et pensez à la pauvre Manon qui va se faire tringler par le vilain Raoul. Le ministre en aura un ulcère et ce sera de votre faute. Recommencez ce livre. 9 Un instant, Dinette s’est raidie, mais elle se détend. — Me voilà soulagée, fait-elle. Raoul nous a formellement interdit d’engager des espions et des agents de Mort aux Sectes, Inc . — Vous savez bien, ma douce amie, que je ne veux que le bien de Raoul et le vôtre... Pour être certain que cette étourdie saisisse la portée de votre flirt, vous ponctuez vos phrases de multiples clins d’œil et de sourires entendus. — D’ailleurs, poursuivez-vous, je commence à avoir un peu chaud, ici. Pas vous? — Avez-vous une poussière dans l’œil, M. Grandpieu? — Euh... non. J’ai la paupière excitée, c’est tout. — Si vous avez chaud, je peux ouvrir la fenêtre. — Non non, je n’ai pas chaud comme ça . C’est juste que, bon, vous voyez... — Vous êtes sûr que votre paupière va bien? On dirait une crise de Tourette. Voulez-vous que j’appelle une ambulance? — Non! Merci, tout est sous contrôle! Je tentais simplement de... enfin... — Je passe à la question suivante, alors? Vous poussez un long soupir : — Oui oui, bien sûr. Continuez à la sexion 11 . 10 Dinette éclate d’un rire qui ferait honte à Darwin. Votre humour dévastateur vient de faire une nouvelle victime. — M. Grandpieu, vous êtes drôle! — Mais sincère, ajoutez-vous en remuant le bassin. Sensible à votre expression corporelle, la jeune blonde rougit, aussitôt imitée par Gros Pierre, captif sous votre fermeture Éclair. — Nous nous connaissons à peine... fait-elle faiblement. Que répondez-vous? " Bon, d’accord, restons sérieux et continuons votre questionnaire. Après tout, nous aurons amplement le temps de faire connaissance plus tard... " (allez à 19 ) " Laissez-moi combler vos lacunes, chère Linette. " (allez à 20 ) "Poupée, je vais te transmettre une maladie qui va t’ébranler jusqu’à la moelle des os. On l’appelle la ‘grossebite aiguë’! " (allez à 22 )
11 " Pourquoi Raoul est-il votre idole? " La tourte sourit, fière de sa question. Vous la regardez quelques instants, à court de réponse. Dans ses yeux d’un bleu tropical se lit une sincérité doublée d’une bêtise extraordinaires. Vous vous sentez presque coupable de continuer la mascarade tant cette poule semble y croire... Que répondez-vous? " Parce que... Raoul est un sacré bon gars. " (allez à 18 ) " Un type qui a une queue magique mérite d’être adoré, vénéré et, surtout, cajolé. Enfin, c’est ce que je pense. Et vous? " (allez à 14 ) " Faut pas charrier, tout de même! Il est pas mal, je veux bien, mais franchement, y a pas de quoi s’emballer sur ce type! Regardez-lui le nez! On dirait un babouin! " (allez à 15 ) 12 Dinette coche la case " oui " en faisant une petite grimace. Vous tentez de la rassurer : — Mon docteur appelait ça le " chancre mou ", mais n’ayez crainte, mon chancre est resté bien dur. Elle soupire et passe à la question suivante... Continuez à la sexion 6 . 13 L’ex-Manon et ancienne Mergule tient son ancien leader bien-aimé dans une clé de bras qui paraît inconfortable. Le crâne lustré du petit homme est luisant de sueur. — Alors, Pierre? Qu’est-ce qu’on fait? Le regard des Raouliens est intimidant. Vous n’avez pas beaucoup de temps avant de vous faire lyncher. Il s’agit de penser vite. Et bien. Quelle approche choisissez-vous? La tactique du Pnite apeuré : quitter la pièce en courant. (allez à 132 ) Le coup du missionnaire dévoué : un sermon pour éduquer ces cervelles raouliennes. (allez à 3 ) La stratégie de l’adjudant frustré : l’humiliation publique de Raoul. (allez à 142 ) 14 La blonde Dinette approuve avec enthousiasme. Fin comme un renard en chaleur, vous enchaînez : — À propos de baguette magique, vous ai-je déjà parlé de la mienne? Aucun médecin n’a réussi à en percer les mystères, mais la preuve est là, cet objet mystique aux proportions surnaturelles en a guéri plus d’une! — C’est vrai? s’intéresse alors la disciple qui ne demande qu’à croire à une autre bêtise. — Oui oui, je vous le jure. Ce caducée est une véritable panacée, si vous me passez l’expression. — Je vous la passe mais je ne la comprends pas. Est-ce que je peux la voir? — Ici? Maintenant? Elle réfléchit un instant. — Non. Venez avec moi dans l’arrière-boutique. Nous y avons installé un lit. — Pour moi? — Non, pour Raoul. Il aime nous rendre visite pour " tester " ses fidèles. — Il n’est pas bête, ce type. Allons-y! Elle vous prend par la main et vous guide d’un pas espiègle jusqu’à une porte, au fond de la salle. Continuez à la sexion 29 . 15 Dinette pousse un hoquet de stupeur en entendant vos paroles blasphématoires. — M-m-monsieur Grandpieu, comment osez-vous parlez ainsi de notre leader? Raoul n’a pas un gros nez! C’est un homme raffiné, cultivé et séduisant! Il n’a rien d’un babouin, croyez-moi! Les formes délicates de la blondinette se perturbent dans son énervement. Le décolleté se referme comme une huître, vous sentez une belle occasion filer entre vos doigts. Tout échevelée, la Raoulienne vous montre la porte. — Retournez d’où vous venez, mécréant! J’ai percé votre jeu! — Quel jeu? demandez-vous timidement. — Ne me prenez pas pour une idiote! Je sais très bien que vous êtes un Trut de la planète Truto, et que vous avez été envoyé ici pour tourmenter les braves Raouliens, amis des Pnites, vos ennemis de toujours! Vous lui servez un regard de poisson frit avant de disparaître derrière la porte. Vous ignoriez que les Pnites avaient des ennemis! Mais peu importe. Vous avez échoué. C’est terrible de rater une mission aussi rapidement. Peut-être devriez-vous réessayer ce livre à jeun. À cause de vous, la petite Manon va se faire visser une bite magique entre les cuisses par le sale Raoul. Elle aimera tellement ça qu’elle va devenir hôtesse de l’air, ce qui va donner un ulcère de plus au ministre. Et devinez à qui la faute? Recommencez ce livre. Et tâchez de réussir la mission, cette fois. 16 Dinette vous regarde avec admiration. Il lui est difficile d’imaginer qu’un supermec comme vous puisse être vierge. Vous tentez gauchement de sourire pour la convaincre. Elle vous lorgne de la tête aux pieds, envieuse de ce paysage inexploré et de ce pic à gravir. Imperceptiblement, le décolleté de la Raoulienne s’échancre un peu plus, on dirait que ses deux pommes veulent avoir une meilleure vue de la belle pièce d’homme. Venez voir, les petites, venez voir le séduisant monsieur! La main de la fille tremble un peu pendant qu’elle coche " non " sur son formulaire. Que faites-vous? Vous lui demandez de passer à la question suivante. (allez à 19 ) Vous prenez dans votre main musclée celle de votre interrogatrice, avec l’air d’un type qui n’est pas aussi vierge qu’il le prétend. (allez à 20 ) Vous affichez un air gêné, comme si être vierge était un défaut et que vous ne vouliez pas qu’elle se moque de vous. (allez à 5 ) 17 — Comment ça, ça dépend? vous demande Dinette d’un air sceptique. Parce que si vous en êtes, je vais être obligée de vous renvoyer de nos locaux : Raoul ne tolère pas les espions! Vous restez aussi silencieux qu’une limace. Vous transpirez abondamment. La blonde insiste : — Alors, M. Grandpieu? Ça dépend de quoi? — Eh bien, petite sotte, ça dépend des jours! Euh... Parce que des fois... je ne fais pas partie des forces de l’ordre et des fois, euh... je n’en fais pas partie non plus! — Et aujourd’hui? Vous en faites partie, aujourd’hui? — Non. Pas du tout. — Alors c’est non? — Oui, c’est non. — Vous m’avez fait peur. — Moi aussi. Vous pouvez passer à la question suivante, maintenant. Vous détachez discrètement le premier bouton de votre chemise. Continuez à la sexion 11 .
18 L’autruche tape des mains avec enthousiasme : — Super! Super! Nous sommes sur la même longueur d’onde! Un autre que vous s’inquiéterait de partager les ondes de cette étourdie, mais vous ne vous souciez pas de ce genre de chose. Et vous n’en êtes pas à votre première cruche : — Chère cruche, combien de questions reste-t-il à votre examen? Je sens venir le besoin de me changer les idées. — Il n’en reste qu’une, M. Grandpieu. Et je vous la pose sans plus tarder : " Quelle est la longueur de votre zob? " — C’est dans votre questionnaire, ça? demandez-vous, étonné par la rigueur des Raouliens. — Ben, pour être franche... non, répond la nymphe timidement. C’était par curiosité. Que dites-vous? " Désolé, Dinette, ma vie privée ne concerne que moi. Je suis venu ici pour devenir Roulien, pas pour culbuter une grue en chaleur. " (allez à 21 ) " La longueur de Gros Pierre est un secret d’État, Tinette. Je ne peux la divulguer à n’importe qui. Mais j’ai bon cœur, alors peut-être qu’on peut procéder à un échange de renseignements... " (allez à 23 ) " Sors ta langue à mesurer, Minette, je vais te laisser calculer la longueur de mon maître. " (allez à 25 )
19 Le regard embué, la jolie Raoulienne se racle la gorge et poursuit son questionnaire... Continuez à la sexion 6 . 20 Dinette devient rouge comme une tomate. Il se passe plein de choses sous ses vêtements, vous voyez une goutte de sueur perler sous son précieux médaillon. — M. Grandpieu, vous me mettez mal à l’aise. Je... dois... continuer... le... quest... — Au Diable votre formulaire! Laissez-moi cocher votre case, chère Tinette. Je me sens tout chose. Pas vous? Le coup des sentiments. Ça marche toujours! Elle perd deux kilos en une seconde. Dans sa poitrine délicate, son cœur joue à la mitraillette. Vous posez son stylo et passez un bras protecteur autour de ses fragiles épaules. Au creux de votre pantalon, Gros Pierre sort de sa coquille comme un escargot qui sent venir son repas. La Raoulienne tente de résister à vos charmes, sans grande conviction. Que faites-vous? Vous lui confiez qu’en fait, sous votre déguisement, vous êtes un Pnite venu tester ses talents de baiseuse pour savoir si l’humanité mérite de survivre. (allez à 26 ) Simulant un accident, vous lui envoyez un coup de langue dans l’oreille et glissez une main sous son médaillon. (allez à 24 ) Vous lui demandez d’y aller délicatement parce que vous êtes un grand sensible et que vous n’avez jamais fait l’amour à une femme. (allez à 5 ) 21 La pauvre fille soupire, la larme à l’œil : — Pardonnez-moi, M. Grandpieu. Je me suis laissé emporter. Pour nous autres Raouliens, le sexe est un moyen d’expression normal et spontané. Je ne voulais pas vous offusquer. — Je vous pardonne, Pinette. Maintenant, dites-moi, est-ce que j’ai passé l’examen? Elle regarde son questionnaire en fronçant les sourcils, armée d’une calculatrice. Elle finit par sourire... Continuez à la sexion 42 . 22 La jouvencelle hausse les sourcils, surprise par votre masculinité affirmée et votre sensualité évidente. Elle a un sourire lubrique qui vous donne envie de joindre sa secte pour de vrai : — Suivez-moi dans l’arrière-boutique, M. Grandpieu. Nous avons installé un lit pour les visites-surprise de notre leader bien-aimé. Il aime tester ses fidèles... — Vous allez voir, Pinette, il n’y a pas que Raoul qui a une baguette magique! — C’est ce qu’on va voir, fait-elle en vous prenant par la main et en vous guidant vers le fond de la salle. Vous avez l’air bien excité pour quelqu’un qui n’a jamais fait l’amour! — Bah... quand je dis vierge, je veux dire que je n’ai pas baisé de la journée! La blonde éclate de rire et sort la langue : — Vous êtes un coquin, vous! Allez, au lit! Vous la suivez jusqu’à une petite porte... Continuez à la sexion 29 . 23 — Que désirez-vous savoir, M. Grandpieu? Vous haussez les sourcils, fier de votre position dominante. — Chère Linette, je suis à la recherche d’une greluche qui s’appelle Manon. Je n’ai aucune idée de ce à quoi elle peut ressembler, mais je sais qu’elle a un grain de beauté sur le clitoris. Le visage de la Raoulienne s’illumine : — Un grain de beauté comme ça, ça ne s’oublie pas! Malgré sa blondeur, cette fille connaît des tas de choses. — Vous m’impressionnez, Finette. Que pouvez-vous me dire de plus sur cette Manon? Est-elle facile à rejoindre? A-t-elle encore sa cerise? La fille penche la tête sur le côté en se grattant le sommet du crâne. Sa réflexion est intense et totale, vous la regardez faire avec amusement. Elle se décide enfin à répondre : — Tout ce que je peux vous dire, c’est que votre Manon s’est présentée ici il y a quelques jours. Elle venait d’avoir un éclair de lucidité et avait donc décidé de se joindre à nous. Elle a passé le test d’admission avec brio et ensuite, je lui ai mangé la minette. C’est là que j’ai remarqué son grain de beauté. — Mangé la minette?! demandez-vous avec un peu trop d’empressement. Dinette rougit un peu : — C’est mon point faible, M. Grandpieu. J’aime manger tout ce qui me passe sous la main. Je crois que mes parents m’ont enlevé la sucette un peu trop tôt. — Mais non, voyons! C’est très bien comme ça! la rassurez-vous, touché par son autocritique. — Votre Manon est à la maison mère, en ce moment. Elle attend l’Initiation. Si mon souvenir est bon, son hymen était encore intact quand je l’ai léché. Et... — Et quoi? — La suite devra attendre! Je désire me dégourdir la langue. Vous avez parlé d’un échange, non? C’est à mon tour maintenant. Continuez à la sexion 40 . 24 Dinette fronce les sourcils et s’installe dans le fauteuil d’en face. — M. Grandpieu, un peu de sérieux! vous gronde-t-elle, touchée par votre avance rusée mais désirant garder un peu de tenue. Passons à la question suivante, si vous le voulez bien... Continuez à la sexion 6 . 25 — Vous avez lu dans mes pensées, M. Grandpieu! Suivez-moi! D’un pas nonchalant, vous suivez la nymphette jusqu’à une petite porte située derrière le comptoir. Continuez à la sexion 28 . 26 Votre affirmation crée une certaine confusion dans les neurones rarissimes de votre interlocutrice. Elle fronce les sourcils et vous détaille, un peu surprise de se retrouver face à un extraterrestre par un beau lundi après-midi. — Je... ne croyais pas que vous... enfin, j’imaginais les Pnites un peu moins... — Attirants? — En fait... Raoul nous a dit... que vous étiez verts avec des antennes, comme dans les films. — Votre Raoul a exagéré.... euh... mais effectivement, nous sommes verts... parfois. Euh... le matin, au lever. C’est ça! Cependant, après une bonne douche, nous prenons une apparence plus... normale. Et charismatique. — Mais... que deviennent vos antennes? — Ce ne sont pas des antennes. Ce sont... des mèches folles. Vous savez, quand on se lève, on est toujours un peu dépeigné. Sauf moi, bien sûr. — J’ai peine à y croire! C’est pas possible! Pourquoi être venu ici, dans mon bureau, et m’avoir choisie, moi, Dinette? — Parce que... vous ne portez pas de soutien-gorge, évidemment. Et vous êtes blonde. On aime ça, nous, les blondes. Sur Pnumo, notre planète, les blondes sont rares. — Pno. — Euh, oui, Pno. Mais... Pno, c’est le terme scientifique. Nous, nous préférons Pnomo, ça fait plus sensuel. — Vous voulez dire Pnumo ? — Oui oui, Pnumo, Pnomo, on s’en fout! On baise ou pas? — Vous êtes sûr que vous êtes Pnite? — Je suis bandé, en tout cas. Mon origine n’est pas importante. — Je comprends. Venez avec moi dans l’arrière-boutique. Nous avons un lit tout prêt pour ce genre de rencontre. Généralement, c’est Raoul qui s’en sert pour nous " tester ". — Vous allez voir, Vignette, je vais vous tester à fond. Elle vous guide vers une porte, au bout de la salle. Mais avant de l’ouvrir, elle vous fait un clin d’œil : — C’est pas vrai, hein? Vous n’êtes pas vraiment un Pnite, hein? Vous la regardez longuement, un peu déconcerté de la voir percer ainsi votre jeu. On n’a plus les blondes qu’on avait. — Je vous faisais marcher, Finette. En fait, je suis... un envoyé spécial des Pinites, venu tester la marchandise avant leur venue sur Terre. Ils n’aiment pas se déplacer pour rien. — Génial! C’est ce que je pensais! Vite, au lit! Continuez à la sexion 29 . 27 — Tu ne m’impressionnes pas, Pâquerette. — Mais... mais... je suis bel et bien un extraterrestre! — Ce n’est pas parce que je suis Raoulienne que je suis stupide pour autant, crétin! — Flûte! Alors dans ce cas... Elle vous interrompt d’un geste impatient... Continuez à la sexion 51 . 28 Les charnières bien lubrifiées glissent en silence. La porte dévoile une petite pièce chaleureuse aux murs peints en violet, couleur officielle de la secte. Le portrait de Raoul, arborant un sourire vaniteux, orne les quatre murs; il est difficile de l’oublier, celui-là. Au centre, un petit lit moelleux, aux draps de satin vert pnite. Une vague odeur de semence plane dans ce baisodrome, vos pantalons se tendent un peu. Dinette vous guide d’une main habile sur le matelas. Elle s’y agenouille après avoir enlevé ses sandales. — Alors, M. Grandpieu. On le mesure, ce serpent? Vous transpirez des oreilles devant autant d’empressement. Tandis que vous vous débattez avec votre fermeture Éclair, la Raoulienne affamée enlève d’un geste d’habituée son maillot et sa petite jupe. La secte ne semble pas croire aux sous-vêtements, ce qui est aussi bien, dans le fond. Et tellement plus commode. La peau albâtre de Dinette est un chef-d’œuvre de délicatesse. Aucune courbe trop accentuée, son corps n’est que nuances subtiles : des bosses à peine perceptibles, des côtes que l’on ne devine qu’avec des jeux d’ombre, des mamelons si pâles qu’ils se mêlent à l’épiderme laiteux, et un pubis jaune serin, qui dissimule mal une boutonnière rose comme un petit cochonnet. — Alors, M. Grandpieu! Elle vient, cette Pnite? Euh, cette bite? — Appelez-moi Roch, Pinette. Et lui, vous pouvez l’appeler... Gros Pierre! Vous dégainez votre canon avec un geste théâtral. La blondinette s’exclame : — Grand Dieu, Roch! Quel grand pieu! Pourquoi appeler ce grand roc Gros Pierre? Gros Roch sied mieux à cette grande pierre! — Assez parlé, Minette! Il est temps de faire de l’exercice! — Oh, vous! Vous parlez comme Raoul! Vous avez de l’avenir dans notre secte! Continuez à la sexion 34 . 29 © LES ÉDITIONS POINT DE FUITE www.pointdefuite.com |