Vous êtes Pierre Duremanche, agent spécial des services très secrets, payé par le gouvernement pour le sale travail que vous seul pouvez accomplir.
Comme tout espion qui se respecte, vous êtes habitué à la belle vie. Bien habillé, toujours prêt à l’action, vous ne sortez jamais sans vos préservatifs.
Vos collègues vous respectent mais vous détectez chez eux un je ne sais quoi de jalousie. En effet, vous avez bénéficié de la fine pointe de la chirurgie esthétique, jusqu’à devenir une véritable machine de plaisir. Doigts de soie, langue sinueuse, fesses d’acier, rien n’était trop beau pour les chirurgiens gouvernementaux, qui ont fait de vous l’ultime hetero sapiens.
Et, bien sûr, il y a votre... engin, votre arme secrète, ce champignon atomique qui vous précède partout comme une trompette annonçant le roi. Vos admiratrices l’ont appelé " Gros Pierre ", et avec raison. Lorsque vous vous changez dans les vestiaires, vos confrères ne peuvent s’empêcher de jeter un coup d’œil sur cet animal sauvage qui tente de s’échapper de la prison fragile de votre pantalon. Il n’est pas facile d’être aussi exceptionnel; l’ostracisme dont vous êtes victime est le prix à payer pour cette perfection.
De plus, vous avez passé des années à apprendre et à maîtriser les arts subtils de l’amour. Les examens théoriques et pratiques étaient fort difficiles, mais vous avez réussi là où les autres ont échoué, devenant ainsi le meilleur agent des services très secrets. Dorénavant, quand vient le temps d’extraire des informations de la bouche charnue d’une diplomate en visite, ou de s’infiltrer dans une forteresse ennemie protégée par une ceinture de chasteté, vous êtes l’homme auquel le gouvernement fait appel.
Voilà pourquoi vous êtes ici, Pierre Duremanche. Vous êtes dans le bureau du ministre de l’Intérieur, dont les moustaches trahissent la nervosité. L’heure est grave. Et, comme d’habitude, le sort du pays est entre vos jambes...
Continuez
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L’immense bureau du ministre est tapissé de cuir rouge, on dirait que les murs sont vivants. Devant vous, au milieu des bibelots de mauvais goût, derrière un pupitre trop grand pour lui, est assis le ministre lui-même, un sexagénaire à la calotte blanche dont les yeux se perdent derrière des verres trop épais.
— M. Duremanche, c’est un honneur pour moi de vous rencontrer enfin. Votre réputation vous précède! dit-il à travers ses moustaches agitées.
— Je suis sensible au compliment, mais laissons de côté les préliminaires. Vous avez besoin de mes services?
— Oui oui, excusez-moi. Si ma femme savait que vous étiez ici... Mais notre rencontre doit rester secrète, comme d’habitude. Avez-vous déjà entendu parler de la Salamandre?
Vous réprimez un sursaut. La Salamandre! La seule mention de cette femme vous donne des frissons. D’origine inconnue, mais décidément étrangère, la Salamandre est une mercenaire qui vend ses services au plus offrant. Et quels services! Tous les hommes qui l’ont rencontrée ont craché leurs secrets comme des adolescents perdant leur virginité, donnant à cette créature redoutable une multitude de données stratégiques et diplomatiques qu’elle met ensuite en vente sur le marché noir. Ses victimes la décrivent toujours de façon différente; il est évident qu’elle est une spécialiste du déguisement. Mais on peut la reconnaître, apparemment, grâce à un talent qu’elle est seule à posséder sur terre : la parfaite maîtrise musculaire de son sexe. Tandis que la Salamandre vous embrasse et vous cajole, cette seconde bouche gobe votre gourdin et le frictionne avec vigueur, l’avalant et le recrachant comme une professionnelle qui fait une pipe. Même le plus tenace des hommes finit par céder à cette attaque sur deux fronts. Votre ancien collègue, Édouard Jacques, y a d’ailleurs laissé sa peau : il est mort d’une crise cardiaque après avoir trop joui, terrassé par ce fauve vorace, non sans avoir divulgué plusieurs informations ultra-confidentielles, tant il avait le cerveau ramolli par le plaisir.
— J’ai entendu parler d’elle. Et de son " talent ", répondez-vous avec retenue.
Le ministre de l’Intérieur sourit, mal à l’aise.
— Cette femme est en possession de plusieurs de nos secrets d’État et elle a lancé les enchères pour nos ennemis. Il faut que vous puissiez l’arrêter à temps. La sécurité du pays en dépend.
— Qui a-t-elle baisé, cette fois?
Le visage du vieux devient cramoisi. Son regard s’attarde sur les motifs du tapis, ses moustaches remuent avec gêne. Mauvais menteur comme ça, c’est un miracle qu’il soit en politique. Vous le regardez avec mépris. Nerveux, il tente de se justifier :
— M. Duremanche, mettez-vous à ma place! Regardez-moi un peu : je ne suis plus jeune, j’ai le ventre mou, les joues striées de rides et je marche comme un canard! Un homme comme moi ne peut résister aux avances d’une si belle femme. Comment pouvais-je savoir qu’elle était la Salamandre?
— Vous auriez pu vous taire et jouir en silence, ajoutez-vous avec dédain.
— Mais elle insistait et menaçait d’arrêter si je ne lui parlais pas un peu. Si vous saviez à quel point elle est... douée! Tout en vous embrassant, elle vous bouffe la bite avec sa minette animée et... Rien que d’y penser... enfin... les mots m’échappent. Mais elle est irrésistible. Ça, je vous le garantis!
— C’est ce qu’on verra. Savez-vous où je peux la trouver?
— Dans le Pacifique, sur l’île paradisiaque de Houbaha. C’est là qu’elle attend les offres pour les informations qu’elle m’a... qu’elle a volées à notre pays.
En votre for intérieur, vous ne pouvez vous empêcher de jubiler : vous allez pouvoir venger votre ami Édouard, mort en mission comme le bon patriote qu’il était. Et vous allez pouvoir vous mesurer à une adversaire digne de vos talents. Le défi est de taille, mais la taille n’a jamais été un problème pour vous.
Dans son grand fauteuil, le ministre bouge les fesses et tente de retrouver un peu son maintien.
— M. Duremanche, c’est la sécurité de notre pays qui en dépend.
— La vôtre, surtout. Si votre femme apprenait ça...
Il se raidit. Vous n’allez pas le dénoncer, évidemment, mais vous prenez plaisir à le voir paniquer.
— D’accord, vous enchaînez. Je vais me rendre sur cette île et neutraliser cette diablesse!